Contrôle des eaux souterraines - prélèvements et analyses

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* GENERALITES

Le contrôle de la qualité des eaux souterraines est réalisé grâce à la mise en place de forages spécifiques (piézomètres) destinés à permettre la mesure de la hauteur de la nappe (niveau statique) au droit de la plateforme de compostage. Ces ouvrages permettent également la réalisation de prélèvements d’eau nappe afin de mesurer en laboratoire les caractéristiques physico-chimiques de la nappe, d’apprécier l’éventuel impact de l’activité de compostage sur la qualité de l’eau (évolution des caractéristiques physico-chimiques, présences de contaminants imputables à l’activité de compostage, …) La mise en place de piézomètres n’est pas systématiquement exigée par les services de l’inspection des installations classées. Elle peut l’être lorsque le site est situé au droit d’une nappe vulnérable (conditions hydrogéologiques particulières rendant la nappe potentiellement exposée aux contaminations issues de la surface) ou bien sensible (utilisation de la nappe à des fins d’alimentation en eau potable en aval hydraulique par exemple).

Dans ces cas, il généralement conseillé de mettre en place au moins 3 piézomètres :

  - Un piézomètre en amont hydraulique du site permettant de mesurer l’état de la nappe avant qu’elle ne transite sous le site faisant l’objet de la surveillance. Ce piézomètre est important car il permet de mettre en évidence la présence éventuelle de contaminants avant que l’eau ne passe sous la plateforme, évitant ainsi d’imputer la contamination à l’activité du site.

  - Un piézomètre en aval hydraulique immédiat de la plateforme de compostage, permettant de mesurer la présence d’une éventuelle contamination pouvant être liée à l’activité de compostage (comparaison des résultats analytiques à ceux mesurés sur le piézomètre amont hydraulique).

  - Un piézomètre en aval hydraulique éloigné de la plateforme de compostage, permettant, en cas de détection d’une contamination de la nappe au niveau du piézomètre aval immédiat, d’apprécier les risques de diffusion de cette contamination en aval hydraulique de la plateforme. La fréquence des contrôles des eaux souterraines est définie par l’inspection des installations classées.



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* PRELEVEMENT DES EAUX SOUTERRAINES

Un soin particulier doit être apporté au prélèvement des eaux souterraines. Il existe un protocole de référence pour la réalisation de ces prélèvements : le document AFNOR FD T 90-523-3. AUREA applique ce protocole pour la réalisation des prélèvements des eaux souterraines.

Purge des piézomètres avant prélèvement :

Le protocole insiste notamment sur les modalités de réalisation de la purge du piézomètre avant prélèvement. En effet, la finalité de ce contrôle est de mesurer la qualité de la nappe qui transite sous le site et non pas celle de l’eau qui stagne dans l’ouvrage et qui n’est pas représentative de la nappe. Prélever une eau souterraine sans avoir réalisé préalablement une purge du piézomètre expose l’exploitant à l’obtention de résultats analytiques peu cohérents avec la réalité de la qualité de l’eau souterraine (concentrations anormalement élevée sen certaines contaminants, …). Un suivi simultané du niveau piézométrique et de plusieurs paramètres physico-chimiques indépendants (température, pH, conductivité, potentiel redox ou concentration en oxygène dissous) est recommandé en parallèle à la purge. La stabilisation de ces paramètres est le signe de l’obtention d’une eau souterraine représentative du milieu aquatique à prélever. Cette purge est réalisée grâce à une pompe immergée. AUREA est équipé de pompes pour pouvoir intervenir sur des ouvrages présentant des profondeurs maximales de 85 m.

Prélèvement après purge :

Le prélèvement peut se faire directement en sortie de pompe ou bien à l’aide d’un tube de prélèvement à usage unique (tube Bayler).




* PARAMETRES DE SUIVI DE LA QUALITE DES EAUX SOUTERRAINES

Il n’y pas de liste définie dans le cadre de la réglementation nationale. Les listes de paramètres sont définies par l’inspection des installations classées. Le plus souvent, le suivi dans le cadre de l’appréciation de l’impact de l’activité de compostage sur la qualité des eaux souterraines porte sur les paramètres physico-chimiques suivants :

- pH, conductivité/résistivité,

- les formes azotées :

    o azote Kjeldhal,

    o ammonium,

    o nitrates et nitrites)

    o azote global

- la présence de phosphore

- la présence de composés organiques :

    (carbone organique total

    Demande biochimique en oxygène (DBO5)

    Demande chimique en oxygène (DCO))


- la présence de métaux liés à l’activité de compostage :

    o chrome,

    o cuivre,

    o nickel,

    o plomb

    o zinc

- la présence d’hydrocarbures

D’autres paramètres peuvent être demandés dans certains cas :

- autres métaux (arsenic, cadmium, manganèse, mercure et sélénium)

- matières en suspension




* INTERPRETATION DES RESULTATS


Interprétation ponctuelle

Contrairement aux eaux usées, il n’existe pas de valeur seuil réglementaire pour les eaux souterraines. Par contre il existe des valeurs de références permettant d’apprécier la qualité de l’eau et son aptitude à différents usages. Les référentiels les plus couramment utilisés sont les suivants :

- Système SEQ eaux souterraines – Agences de l’Eau et DIREN

- Arrêté ministériel du 21 décembre 2001 relatif à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. Ces référentiels permettent de qualifier le milieu.


Interprétation spatiale (l’ensemble du site)

En générale, l’interprétation des résultats des analyses d’eaux souterraines se fait de façon relative, en comparant entre eux les résultats obtenus sur les différents piézomètres du site (résultats de l’amont hydraulique par à celui des piézomètres situées en aval hydraulique) afin d’apprécier l’évolution de la qualité de la nappe suite à son passage sous le site.


Interprétation temporelle (évolution de l’impact dans le temps)

Le suivi de la qualité des eaux souterraines d’un site passe le plus souvent par la mise en place d’un tableau de synthèse permettant d’apprécier l’évolution des paramètres de contrôle dans le temps. L’appréciation des résultats par rapport à la moyenne des résultats précédemment obtenus et l’analyse des écarts par rapport à cette moyenne sont des éléments importants pour apprécier l’évolution de l’impact de l’activité du site sur la ressource en eau.