La matière organique non synthétique (MONS)

De Wiki Auréa

La matière organique n’est pas forcément issue du vivant. La Chimie nous a apporté ces dernières décennies de nouveaux composés dont nous faisons un large usage. Parmi eux : les matières plastiques. Comme nos déchets reflètent nos modes de consommation, nos poubelles en contiennent une part plus ou moins importante, en fonction aussi des modes de collecte sélective des déchets. Or ces plastiques étant constitués de chaines carbonées, leur nature est organique. Analytiquement, il est impossible pour un laboratoire, par une simple calcination ou mesure du carbone, de distinguer le carbone des plastiques du carbone de la « vraie » matière organique. Pour séparer le bon grain de l’ivraie, il convient d’adopter une autre approche.


Définition

La matière organique d’un déchet ou d’un produit organique est constituée de matière organique non synthétique et de matière organique synthétique. La matière organique non synthétique (MONS) est la matière organique naturelle, végétale et/ou animale, par opposition aux matières plastiques qui correspondent à la matière organique synthétique (MOS). La MOS correspond à la matière plastique d’origine pétrolière difficilement ou non biodégradable. L’ensemble MONS + MOS correspond à la matière organique totale, dosée par perte au feu de la matière sèche (par exemple) au laboratoire.


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  • Pourquoi s’intéresser à la MONS

La MONS constitue la partie dégradable par les microorganismes d’un produit organique, utile dans le cas d’une valorisation matière (par compostage) ou énergétique (par digestion anaérobie). En effet, au cours du processus de biodégradation, la fraction la plus labile de la MONS va être consommée par les microorganismes, qui vont la minéraliser. En parallèle, dans le cas de la méthanisation, ils peuvent générer du biogaz. Le reste de la MONS est stabilisé par les microorganismes. La connaissance du ratio MONS/MO totale est donc particulièrement utile dans le cas de déchets potentiellement pollués par des matières plastiques, lorsqu’on veut connaître la fraction de matière organique biodégradable et valorisable.


Résultats et interprétation

L’analyse permet de quantifier l’ensemble des éléments inertes d’un déchet ménager susceptible de contenir encore de la matière organique non synthétique.

Le résultat d’analyse donne ainsi directement :

- la quantité de MOS supérieure à 500 µm : elle traduit la quantité massique de plastiques dans le déchet, en grammes de plastiques pour 100 grammes de déchet brut ;

- les autres éléments inertes (verres, cailloux, métaux) supérieurs à 500 µm : ils quantifient les éléments minéraux indésirables, sans en donner la dimension toutefois, en grammes pour 100 grammes de déchet ;

- la quantité de MO dégradable par les microorganismes (MONS), quelque soit sa dimension. La méthode d’analyse ne permet pas de la distinguer des fractions inférieures à 500 µm.


L’analyse informe aussi sur le taux global d’inertes (cailloux, verres, métaux), sans toutefois se substituer à l’analyse normalisée des inertes (XP U44-164). Notamment le Bilan Matière ne donne pas d’informations sur les proportions relatives de ces inertes et sur leur dimension.

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  • Cas particulier des déchets destinés à l’incinération

A l’inverse des filières de valorisation matière, les exploitants d’unités d’incinération des ordures ménagères (UIOM) recherchent plutôt des déchets riches en MOS (et non en MONS !). En effet, du fait de la présence de matières plastiques, le pouvoir calorifique de ces déchets (PCI) est plus intéressant pour eux.


Au laboratoire

Pour déterminer les MONS, le laboratoire Celesta-Lab (filiale d'AUREA) a mis au point une méthode, baptisée « BILAN MATIERE ». Elle s’inspire de la norme XP U44-164 de la caractérisation des composants inertes d’un déchet organique. La matière organique de l’échantillon, séché à 80°C ou brut, est détruite après plusieurs bains de javel. La fraction inorganique est récupérée et passée sur un tamis de 500 µm qui sert à différencier 3 fractions :

- les matières organiques synthétiques > 500 µm : plastiques durs, textiles, films plastiques, polystyrène expansé (PSE), définis selon la norme XP U44-164 ;

- les cailloux, calcaires, verres et métaux > 500 µm, définis selon [XP U44-164] ;

- Les particules fines qui représentent toutes les particules inférieures à 500 µm.


  • Domaine d’application

- fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM) avant compostage,

- déchets organiques issus du tri mécano-biologique (TMB) avant méthanisation (ou compostage),

- biodéchets issus des chaines de déconditionnement des déchets organiques emballés et destinés à une valorisation organique